Il y a des villes qui habillent les gens autrement. Pas par le luxe ou l’ostentation mais par quelque chose de plus discret, de plus profond. Une manière d’occuper l’espace. Une façon de marcher.
Nous pensons souvent à l’Italie comme à un pays de beauté évidente, de monuments et de lumière. Mais ce qui nous a frappées, c’est autre chose. Dans un café milanais un mardi matin, les hommes s’installent sans cérémonie ; pantalon bien taillé, veste posée sur le dossier de la chaise, un espresso commandé d’un geste. Ce n’est pas de l’élégance au sens conventionnel du terme. C’est une économie du geste. Un rapport au vêtement qui dit : je sais ce que je veux, je n’ai rien à prouver.

C’est de là qu’est née notre collection estivale 2026. Non pas d’un désir d’imiter, mais d’une question que cette observation a posée : et si on traduisait ça pour les femmes ? Cette assurance tranquille. Cette coupe qui ne cherche pas à séduire, mais à exister. Le pantalon BEN en est peut-être l’expression la plus directe : taillé dans un denim indigo brut tissé en Italie, ses grands plis structurés créent un volume maîtrisé, une silhouette longue et caractérielle qui s’assume sans s’expliquer. Un pantalon de tailleur revu pour le corps d’une femme. Une pièce qui devient vraiment la vôtre avec le temps, au fil des patines et des porters.
Bergame, aussi. Ses ruelles hautes, ses façades usées par le temps, ses pavés irréguliers sous lesquels on entend résonner les pas. Il y a dans les villes italiennes une façon de vieillir qui nous inspire profondément. Les choses y sont belles parce qu’elles ont duré, parce qu’elles ont été pensées pour durer. Pas pour la saison. Pour les années.
L’été italien, c’est aussi une certaine légèreté dans la rue, une légèreté de mouvement et d’attitude, de matière. Des femmes qui traversent une piazza, jupe longue dans le souffle chaud de la ville, sans effort apparent. Cette image-là nous a accompagnées tout au long de la saison. La jupe ROSALIE en est l’écho direct : une coupe ample et fluide, légère au toucher comme au regard, pensée pour les journées longues où la ville réclame à la fois aisance et allure. La pièce que l’on attrape un matin de juin sans réfléchir, et que l’on ne regrette jamais.
Et puis la matière. Une partie du denim de cette collection est tissée en Italie, dans des ateliers qui travaillent comme on le faisait avant, avec une attention portée à chaque fil. On ne le voit pas au premier regard. On le sent au toucher, au tombé, à la façon dont le tissu prend le corps sans le contraindre. Le denim indigo que l’on aime et utilise, sans délavage ni traitement chimique, conserve toute la profondeur de l’indigo pur. Il se patine avec le temps, de façon unique, un pantalon qui porte l’empreinte de celle qui le porte. C’est ça, aussi, ce que l’Italie nous a appris : que la qualité n’a pas besoin de se justifier. Elle se ressent.
Une collection de coupes libres et de matières franches. Des pantalons à grands plis inspirés des vestiaires masculins italiens, des jupes légères pensées pour la ville en été, des chemises à la construction soignée, MEDHI en voile écru ou en popeline noire, col mao et coupe ample, des vestes et trenchs qui tombent juste. Chaque pièce a été pensée pour s’inscrire dans une garde-robe qui existe déjà, pour y apporter quelque chose de stable plutôt que quelque chose de nouveau.
Ce n’est pas une collection de tendances. C’est une collection de propositions. Des vêtements qui attendent de rencontrer leur propriétaire pour exister vraiment.

